Pour parler de tradition dans l'Arc alpin, il est nécessaire de parler un peu d'histoire. Nous ne nous étendrons pas sur le sujet, mais un survol rapide est nécessaire.
Il y a plus de 3000 ans, l'Arc alpin hébergeait déjà plusieurs peuplades dans ses vallées. Des vestiges de villages lacustres ont été mis à jour sur tous les grands lacs alpins, Léman, Bourget, Paladru, Neuchâtel, de même que des lieux d'habitations ou de (dolmens, cités lacustres, camp d Allobroges, sites gallo-romains).
Des voies de communications terrestres existaient entre les vallées, empruntant les cols alpins, ce n'était pas à proprement parlé des routes, mais des chemins ou sentier.
Les échanges commerciaux n’atteindront une réelle importance qu’avec l'arrivée des romains. La construction de routes et de ponts, ainsi qu'un control militaire de ces voies produiront un véritable essor entrainant de nombreux échanges commerciaux et culturaux. Ces voies étaient également d'ordre stratégique afin de permettre le déplacement rapide des Légions romaines en tout point de l'Empire.
La Via Domitia reliant Rome à l'Espagne, à travers les Alpes (col du Montgenèvre) et les Pyrénées (col du Perthus), fût un fantastique réseau que Rome avait créé sur son territoire et hors de ses frontières. Narbonne, sera la première colonie romaine hors d'Italie, qui accueillait dans son port sur le canal de la Robine, les bateaux venant d'Afrique et d'Orient transportant: épices, encens, myrrhe, or, musc, parfums, ivoires, métaux, blé, huile, esclaves. La Via Domitia traversant Narbonne, permettait le transport de marchandises terrestre, des marchands ambulants, des commerçants, des voyageurs et des Légions. En retour Narbonne exportait vers Rome et les grandes métropoles méditerranéennes, divers produits manufacturés dont le vin du narbonnais qui remplacera le vin italien qui était importé précédemment.
La Via Domitia donnait également accès par la Via Aquitania à l’Atlantique, et aux ports de Toulouse et Bordeaux d’où partaient par bateaux diverses marchandises vers l’Angleterre. Les échanges commerciaux vers les pays du nord étaient également important.
Ces grands déplacement étaient ponctués de haltes, dans les villes et villages, d'autant plus avant le franchissement des grands cols. Tous ces déplacements le long des voies romaines ont permis des échanges entre les différentes communautés et régions : savoir faire, colportage d'histoires, musique et instruments, et un langage avec de nombreuses similitudes entre le franco-provençal et la langue d’oïl.
Le long des Alpes, c’est par le col du grand Saint Bernard, que transitaient les marchandises venant de l'Helvétie, de l'est de la France et de la Belgique.
L’Arc alpin à donc reçu de toute part un apport commercial et culturel incontestable du Nord au Sud et d’Est en Ouest.
Après la chute de l'empire romain, les siècles qui ont suivit n'ont pas été aussi profitable. Ce ne sera qu'à l'arrivé de Humberto Bianca Mana, en l'an 1030, et avec la fondation de la Maison de Savoie, qu'une grande partie de l'Arc alpin passera sous son contrôle.
Pour la Suisse: Pays de Vaud et bas Valais, pour l'Italie: Piémont et vallée d'Aoste, pour la France: Savoie, Haute-Savoie, comté de Nice, près de 1000 ans ont réunis ces régions sous la Maison de Savoie.
C'est donc plus de 2000 ans d'histoire commune depuis l'Empire romain qui ont réunie ces peuples, des échanges commerciaux souvent au sein d'une même frontière, une langue parlée le "Franco-provençal", une religion commune.
Il ne pouvait pas en être autrement de la naissance d'une tradition commune avec malgré tout quelques différences selon les versants.