Adriano Favre, directeur technique de la manifestation, continue de sillonner la montagne pour superviser le parcours. Plus que quelques jours et le tracé sera définitif. Dennis Brunod, athlète italien du ski-alpinisme et skyrunner de haut niveau, nous explique en quoi ce marathon diffère du Trophée Mezzalama hivernal et nous fait part de ses conseils pour gérer la compétition sans risquer de graves crises énergétiques.
“Une des principales différences entre le Trophée Mezzalama d’hiver et celui d’été n’est autre que l’altitude à laquelle les athlètes sont confrontés. De fait, en hiver, ceux-ci touchent les 4200 mètres par deux fois, au niveau du sommet du Castor et du nez du Lyskmann alors que, dans quelques semaines, ils ne dépasseront pas les 3000 mètres.
Autre dissemblance, la température bien sûr, car même s’il risque de faire froid, il y a peu de chances que l’on descende à moins dix degrés comme c’est souvent le cas au printemps. Une des plus grosses difficultés du Mezzalama d’été réside dans la succession de montées alors que, dans l’édition hivernale, pratiquement tout le dénivelé se situe au niveau de la première ascension, celle qui, de Cervinia, mène au cœur du glacier.
Avec un parcours situé sur le glacier, le Trophée Mezzalama présente des passages extrêmement techniques. Au niveau du Castor et du Nez du Lyskmann, les athlètes doivent prendre un maximum de précautions et rester attachés à leurs compagnons de cordée. Le skymarathon ne présente pas de véritables difficultés techniques et le sentier peut être parcouru entièrement en courant, pour ceux qui en auront la force. Par ailleurs, le matériel obligatoire à emporter ne sera pas aussi "lourd" qu’en hiver.
La durée de la compétition ne sera également pas la même, au-delà de la succession de montées et de descentes. Pour boucler l’anneau de soixante kilomètres, les plus rapides auront besoin de cinq heures et demi à six heures, alors qu’en ski, on avoisine tout juste un peu plus de quatre heures.
Bref, des différences existent, et je ne les ai pas toutes citées mais en définitive, une dernière chose me vient à l’esprit, c’est que le Trophée Mezzalama se dispute en équipe de trois, alors que, dans un mois, les athlètes ne pourront compter que sur leurs propres forces, pour le meilleur et pour le pire.
Quoi qu’il en soit, je conseille à tous ceux qui participent à ce skymarathon de boire beaucoup, aussi bien pendant la course que les jours précédents, surtout si les températures continuent d’être aussi élevées. Pour une course aussi longue, les athlètes doivent veiller à s’alimenter correctement sans attendre les premiers signes de la faim car il serait déjà trop tard. Il est très important de s’alimenter et de se supplémenter avant une descente ou au début d’un tronçon plat.
Autre point essentiel: avancer à un rythme régulier, sans ce préoccuper des autres concurrents, et rester à l’écoute de ses propres sensations. Dans les montées les plus difficiles, il ne faut jamais courir ou essayer d’accélérer l’allure car cela entraîne une grosse dépense énergétique pour un mauvais rendement. Il est clair qu’au bout d’un moment, on n’aurait plus la force nécessaire pour bien pousser sur ses jambes.
Enfin, quand notre corps aura épuisé toutes ses réserves et que la petite flèche indiquera que le réservoir est presque vide, il ne faut surtout pas se laisser gagner par la panique ou se décourager, mais penser que ses adversaires se trouvent dans les mêmes conditions, voire pire!!" |