Pont-Saint-Martin
L'Héritage Romain
L'histoire de Pont-Saint-Martin, dans la Vallée d'Aoste, est un mélange fascinant de prouesses d'ingénierie romaine et de légendes médiévales chrétiennes. Le pont lui-même, qui enjambe le torrent Lys, est au cœur de ces récits.
1. Les Tribuns et l'Héritage Romain
Le pont a été construit au Ier siècle av. J.-C. (époque d'Auguste) pour permettre le passage de la Via delle Gallie.
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Les Tribuns : Dans le contexte historique, les tribuns étaient des magistrats ou officiers romains. Le pont témoigne de la puissance administrative et militaire de Rome.
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L'architecture : C'est une arche unique de 35 mètres de portée, une prouesse qui semblait presque surnaturelle aux populations des siècles suivants, d'où la naissance de la légende du Diable.
L'Esprit de pont-Saint-Martin
L'Évêque (Saint Martin de Tours)
Selon la légende populaire, Saint Martin, alors évêque de Tours, passait par la vallée lors d'un pèlerinage. Il se retrouva bloqué par la crue du torrent Lys, qui avait emporté la passerelle existante.
Le Pacte avec le Diable
Le Diable apparut à Saint Martin et lui proposa un marché : il construirait un pont de pierre indestructible en une seule nuit. En échange, il exigea l'âme du premier être vivant qui traverserait l'ouvrage.
Saint Martin accepta le pacte. Le lendemain matin, le pont était debout. Le Diable attendait de l'autre côté pour réclamer son dû.
La Ruse de l'Évêque
Plutôt que d'envoyer un humain, l'évêque sortit un morceau de pain et le lança sur le pont. Un chien affamé s'élança pour le rattraper, devenant ainsi le premier à traverser. Furieux d'avoir été dupé par Saint Martin, le Diable disparut dans les eaux du Lys dans un éclair de soufre, laissant le pont aux habitants.
Les Associations :
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L'organisation est gérée par le Comitato Carnevale Storico, mais la structure sociale repose sur les Insulae (les quartiers historiques du bourg), qui sont en compétition pour la décoration et l'animation. C'est un engagement associatif très fort qui dure toute l'année.
Tradition du Carnaval de pont-Saint-Martin
Cette légende est si ancrée dans la culture locale qu'elle est célébrée chaque année lors du Carnaval historique de Pont-Saint-Martin :
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Les personnages : Des figurants défilent en costumes de l'époque romaine (le Consul, les Tribuns, les Gardes).
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Le spectacle : Le point culminant est le moment où le Diable et Saint Martin s'affrontent sur le pont.
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Le bûcher : Pour clore les festivités le Mardi Gras, on brûle un mannequin représentant le Diable sous l'arche romaine du pont pour symboliser la victoire du bien sur le mal.
En résumé
L'histoire de la Nymphe du Lys n'est pas un conte figé avec un début et une fin tragique, mais une légende vivante :
- Elle est l'âme du torrent Lys.
- Elle vit (symboliquement) dans les eaux tumultueuses et les grottes.
- Elle émerge chaque année pour chasser l'hiver et célébrer la vie aux côtés des habitants, s'opposant à la figure du Diable qui a bâti le pont.
C'est une magnifique métaphore de la relation entre les habitants de la montagne et la nature : une force qu'on respecte, qu'on craint un peu, mais qu'on finit par célébrer pour sa beauté.
Jeudi-gras
Carnevalissima, spectacles
Vendredi de Carnaval
Fagioli grassi, soirée gourmande
Samedi-gras
Défilé des personnages
Dimanche-gras
Défilé du cortège
Lundi-gras
Fagioli grassi, rite très ancien
Mardi-gras
Défilé des chars et feux d'artifices
Infos Pratiques
Le Carnaval en bref
Défilés des Insulae, des chars et biges
Personnages du Carnaval Historique, Place IV Novembre et Place IerMai.
Spectacales et bals
Spectacles musicaux, lumieres et feux d'artifices et soirées dansantes, sont organisés toutau long du carnaval.
Gastronomie
Plusieurs occasions de déguster des spécialités durant le carnaval, certaines sur réservation.
Architecture
Pont romain
Le pont de Pont-Saint-Martin est l'un des exemples les plus impressionnants et les mieux conservés de l'ingénierie routière romaine dans les Alpes. Il faisait partie intégrante de la Via delle Gallie, la route stratégique construite par Auguste pour relier Rome à la Gaule.
Voici les caractéristiques architecturales qui en font un chef-d'œuvre :
Une arche unique monumentale
Contrairement à de nombreux ponts romains qui utilisent plusieurs petites arches, celui-ci franchit le torrent Lys d'un seul bond.
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Portée : L'arche mesure environ 35 mètres (certaines mesures indiquent 31 m d'ouverture libre), ce qui était exceptionnel pour l'époque.
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Hauteur : Le sommet de l'intrados s'élève à plus de 20 mètres au-dessus du niveau moyen de l'eau.
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Forme : C'est un arc en plein cintre (semi-circulaire), typique de l'architecture romaine classique.
Le pont est construit selon la technique de l'opus quadratum :
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Il est composé de gros blocs de pierre (du gneiss local) taillés avec précision et assemblés à sec (sans mortier). La stabilité repose uniquement sur la taille parfaite des voussoirs et la force de gravité.
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Les blocs sont disposés en rangées régulières. On peut encore observer sur certaines pierres les trous de "louve" (encoches utilisées pour soulever les blocs avec des grues romaines).
Les fondations et l'ancrage
Le génie des ingénieurs romains a été d'utiliser la configuration naturelle du terrain :
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Le pont n'est pas construit sur un sol meuble, mais ancré directement sur le socle rocheux des deux rives. Cela explique pourquoi il a résisté à deux millénaires de crues violentes du Lys, alors que des ponts modernes plus récents ont parfois été emportés.
Dimensions et tablier
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Largeur : Le pont mesure environ 5,80 mètres de large.
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Tablier : La voie de circulation n'est pas plate ; elle présente une forme en "dos d'âne" prononcée pour suivre la courbure de l'arche imposante. À l'époque romaine, la surface était probablement recouverte de dalles de pierre (dont certaines sont encore visibles ou ont été restaurées).
Le pont était conçu pour le passage des troupes, des chariots et du commerce vers le col du Petit et du Grand-Saint-Bernard.
Sa robustesse est telle qu'il a été utilisé pour le trafic routier normal (y compris les voitures) jusqu'en 1836, date à laquelle un nouveau pont a été construit à côté pour le préserver.
Aujourd'hui, il reste l'un des rares ponts romains de cette envergure encore debout et pratiquement intact dans sa structure d'origine.
C'est cette dimension "surhumaine" pour les populations médiévales qui a nourri la légende du Diable déjà évoquée.

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